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Dégât des eaux

Comment savoir si un mur est vraiment sec après un dégât des eaux

Un mur qui paraît sec ne l'est presque jamais. La surface sèche en quelques jours, le support met des semaines, parfois des mois. Repeindre trop tôt, c'est prendre le risque de refaire les travaux dans un an — et de devoir justifier pourquoi.

Pourquoi l'œil ne suffit pas

L'eau ne reste pas en surface. Elle migre dans le plâtre, le béton, la chape, l'isolant, et elle ressort lentement.

Ce que vous voyez sécher en trois jours, c'est le millimètre du dessus. Derrière, le support peut être encore chargé pendant des semaines. Et tant qu'il l'est, il continue de relâcher de l'humidité dans la pièce.

C'est pour ça que les peintures cloquent six mois après, que les moisissures réapparaissent, que l'odeur revient l'hiver suivant.

Les ordres de grandeur

Ils dépendent du matériau, de l'épaisseur, de la ventilation et de la saison. À titre indicatif :

Une cloison en plaque de plâtre : souvent quelques semaines, selon la ventilation et l'état de l'isolant derrière. L'isolant ne se comporte pas comme le plâtre : selon sa nature et ce qu'il a absorbé, il peut sécher ou devoir être remplacé — c'est à faire constater, pas à supposer.

Un mur maçonné ou un enduit : plusieurs semaines, souvent plus.

Une chape ou une dalle : c'est généralement le plus long, et de loin. Une chape imprégnée sous un carrelage qu'on a refermé peut mettre très longtemps à relâcher son eau.

Un séchage forcé avec du matériel adapté raccourcit ces délais. Un radiateur et une fenêtre ouverte, non — et peuvent même aggraver les choses en faisant migrer l'humidité ailleurs.

Ce qui se mesure vraiment

Il ne s'agit pas de toucher le mur. Il existe des appareils qui mesurent l'humidité dans le support, en surface ou en profondeur selon la méthode.

Un relevé isolé ne prouve rien. C'est l'évolution qui compte. Un mur mesuré deux fois à quinze jours d'intervalle vous dit s'il sèche. Un mur mesuré une fois ne vous dit rien.

On mesure là où ça compte : le bas des cloisons, les angles, derrière les plinthes, sous les revêtements. Pas au milieu du mur à hauteur d'homme, où c'est toujours le plus sec.

Le lien avec votre assurance

C'est le point que beaucoup découvrent trop tard : si vous refaites les finitions sur un support encore humide et que les désordres réapparaissent, vous risquez de vous voir opposer que la remise en état a été mal conduite. La prise en charge devient alors beaucoup plus difficile à obtenir.

Un relevé daté avant la reprise des finitions vous protège. C'est deux lignes dans un dossier, et ça peut valoir très cher.

Trois questions à poser avant de refermer

  1. 01Est-ce que le support a été mesuré, et quand ?
  2. 02Est-ce que l'isolant derrière a pris l'eau — et si oui, a-t-il été remplacé ou juste séché ?
  3. 03Est-ce qu'on peut refaire un relevé avant de poser ? Si personne ne peut répondre, ce n'est pas le moment de refermer.

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